Monsieur R., 63 ans, ancien ouvrier dans la céramique, consulte pour asthénie et crampes nocturnes. Il n’a pas de diabète connu. À l’examen : tension artérielle (TA) = 137/81 mmHg ; poids stable ; pas d’œdème ; pas de fièvre. Il rapporte une polyurie (diurèse à 4,5 L par jour) avec nycturie.
Vous prescrivez un bilan biologique : créatinine = 180 μmol/L ; débit de filtration glomérulaire (DFG) estimé selon la formule CKD-EPI (chronic kidney disease epidemiology collaboration) = 40 mL/min/1,73 m² ; natrémie = 142 mmol/L ; kaliémie = 4,2 mmol/L ; protéinurie totale = 0,5 g/24 h ; examen cytobactériologique des urines (ECBU) : absence de germe à la culture ; hématies = 2 000/mL ; leucocytes = 13 000/mL.
Vous prescrivez un bilan biologique : créatinine = 180 μmol/L ; débit de filtration glomérulaire (DFG) estimé selon la formule CKD-EPI (chronic kidney disease epidemiology collaboration) = 40 mL/min/1,73 m² ; natrémie = 142 mmol/L ; kaliémie = 4,2 mmol/L ; protéinurie totale = 0,5 g/24 h ; examen cytobactériologique des urines (ECBU) : absence de germe à la culture ; hématies = 2 000/mL ; leucocytes = 13 000/mL.
Question 1 - À propos du syndrome rénal du patient, vous évoquez en priorité (une ou plusieurs réponses exactes) :
En cas de déficit de concentration urinaire (déficit quantitatif ou fonctionnel en hormone antidiurétique), on peut observer une polyurie avec nycturie liée à la perte d’eau libre dans les urines. L’osmolarité urinaire est dans ces situations souvent abaissée.
La protéinurie de débit limitée et l’absence d’œdèmes n’orientent pas en priorité vers un syndrome glomérulaire.
Une protéinurie de débit faible, souvent de bas poids moléculaire (diminution de la réabsorption tubulaire proximale des protéines de bas poids moléculaire) est fréquente au cours des atteintes tubulo-interstitielles. Il faut toutefois vérifier l’absence d’une albuminurie prédominante qui témoigne d’une atteinte glomérulaire. La leucocyturie oriente également vers cette cause.
Absence d’hyponatrémie, en général c’est la natriurèse qui est augmentée sans polyurie.
À évoquer devant une polyurie, les signes de déshydratation ne sont pas constants.
– contamination urinaire par des leucocytes vaginaux ;
– néphropathies interstitielles ;
– tumeurs urothéliales ;
– cystites non infectieuses (calculs, cystite radique, cystite interstitielle) ;
– néo-vessies iléales ou coliques ;
– infections urinaires (y compris la tuberculose urinaire, dont le diagnostic est parfois difficile).
La présence d’une leucocyturie (aseptique ou non) peut orienter vers une atteinte tubulo-interstitielle mais n’en est pas pathognomonique.