Soja : quels effets sur le risque de cancer du sein ?
Le soja constitue une source de protéines végétales de bonne qualité pouvant s’inscrire dans une alimentation équilibrée et diversifiée, mais cet aliment et ses produits dérivés contiennent en abondance des isoflavones (dans des teneurs très variables : 10-30 mg/100 g), des phyto-œstrogènes structurellement similaires à l’œstradiol et capables de se fixer sur les récepteurs des œstrogènes. Ce faisant, ils peuvent perturber le bon fonctionnement cellulaire, avec des effets potentiellement bénéfiques ou délétères sur la santé qui restent débattus et semblent dépendre de l’âge, du sexe ou de l’état de santé global de la personne exposée.
Concernant le risque de cancer du sein, les études divergent : réduction significative du risque observée chez les femmes asiatiques consommant des produits dérivés du soja, mais pas chez les femmes occidentales. L’impact délétère d’un excès de consommation des produits dérivés du soja fait cependant consensus, et les autorités sanitaires recommandaient en 2006 de ne pas dépasser chez l’adulte une consommation alimentaire d’isoflavones de 1 mg/kg/jour, et de ne pas en consommer chez les femmes enceintes ou allaitantes par précaution. Les compléments alimentaires à base de soja sont déconseillés, car associés à une augmentation du risque de cancer du sein, notamment pour les tumeurs non hormonodépendantes et en cas d’antécédents familiaux.
En cas de cancer du sein, le soja peut être consommé dans l’alimentation, mais en quantité modérée et pas tous les jours. Les précautions s’appliquent d’autant plus pendant les traitements du cancer du sein. Les compléments alimentaires à base de soja sont déconseillés, notamment en cas de cancers hormonodépendants, et lors d’un traitement à base de tamoxifène et de létrozole.
Chez les femmes en rémission ou guéries du cancer du sein, une méta-analyse combinant les résultats de plusieurs études de cohorte a montré que la consommation alimentaire de soja était associée à une diminution du risque de récidive, et peut-être à une augmentation de la survie mais ces résultats nécessitent d’être confirmés.Les données scientifiques étant peu nombreuses, le principe de précaution reste de mise.
Enfin, il faut rester attentif à l’apport alimentaire de soja par les aliments industriels, sachant que beaucoup en contiennent sans le mentionner sur l’emballage, et que les méthodes industrielles de production de ces produits augmentent la teneur en phyto-œstrogènes.
D’après : Département Prévention cancer environnement, Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard. Soja et cancer du sein. 18 février 2025.

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