Hyperkaliémie modérée en ville : quelle cause évoquer ?
L’hyperkaliémie modérée en médecine de ville est fréquente. En l’absence d’insuffisance rénale, cette hyperkaliémie est souvent fausse ou iatrogène. La première étape consiste à rechercher une hémolyse du prélèvement responsable d’une fausse hyperkaliémie. Dans ces situations, un prélèvement de contrôle, réalisé au laboratoire, sans garrot est la première chose à faire.
En pratique, une des causes fréquentes d’hyperkaliémie modérée est la prise d’IEC ou d’ARAII à visée antihypertensive ou cardio-/néphroprotectrice. Ces traitements sont souvent indispensables et leur arrêt peut augmenter la mortalité cardiovasculaire. Dans ces cas, l’ajout d’un diurétique (thiazidique ou de l’anse selon la situation) permet un meilleur contrôle de la kaliémie. Plus récemment, les inhibiteurs de sodium-glucose cotransporteur 2 (SGLT2), devenus un traitement majeur de l’insuffisance rénale chronique, du diabète et de l’insuffisance cardiaque, permettent souvent un meilleur contrôle de la kaliémie par leur action diurétique.
 
D’après : de Saint Gilles D, Luque Y. Item 267. Troubles de l’équilibre acidobasique et désordres hydroélectrolytiques.  Rev Prat 2026;76(2);213-27.
Pour en savoir plus : Nobile C. Hypo/hyperkaliémie : conduite à tenir en MG.  Rev Prat (en ligne) 9 avril 2024.

Exercez-vous aux ECN avec les dossiers progressifs et les LCA de La Revue du Praticien