Vous recevez aux urgences gynécologiques une patiente, Mme Gloria Z., d’origine chinoise. Elle a 29 ans et est en France depuis dix ans. Elle a comme principaux antécédents une appendicectomie et quatre interruptions de grossesse (deux par voie médicamenteuse il y a cinq et six ans et deux par aspiration endo-utérine il y a un an). Elle est porteuse d’un dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre posé il y a quatre mois.
À son arrivée, ses constantes sont les suivantes : pression artérielle (PA) = 120 / 60 mmHg ; fréquence cardiaque (FC) = 110 bpm ; température (T°) : 38,1 °C. Bandelette et bêta-hCG urinaires non disponibles, la patiente souffrant trop pour uriner.
L’interrogatoire est difficile compte tenu de la barrière de la langue mais la patiente vous rapporte qu’elle a des douleurs pelviennes apparues plus ou moins brutalement il y a deux heures et estimées à 10/10. Elle a vomi à son arrivée aux urgences.
À son arrivée, ses constantes sont les suivantes : pression artérielle (PA) = 120 / 60 mmHg ; fréquence cardiaque (FC) = 110 bpm ; température (T°) : 38,1 °C. Bandelette et bêta-hCG urinaires non disponibles, la patiente souffrant trop pour uriner.
L’interrogatoire est difficile compte tenu de la barrière de la langue mais la patiente vous rapporte qu’elle a des douleurs pelviennes apparues plus ou moins brutalement il y a deux heures et estimées à 10/10. Elle a vomi à son arrivée aux urgences.
Question 1 - Quelles sont vos principales hypothèses diagnostiques ?
Une torsion d’annexe doit toujours être évoquée en cas de douleur pelvienne d’autant plus si elle est apparue brutalement. La douleur dans un contexte de torsion d’annexe apparaît brutalement, est d’emblée maximale et accompagnée de nausées/vomissements, et dure en moyenne six heures de façon continue puis s’atténue, l’ovaire finissant par se nécroser.
Il s’agit d’une douleur secondaire à la rupture de la paroi d’un follicule dominant ou d’un kyste fonctionnel. La douleur est secondaire à l’irritation péritonéale causée par le sang, elle est intermittente et est très efficacement soulagée par les anti-inflammatoires non stéroïdiens. Le saignement est intra-abdominal et peut parfois être très abondant et causer un hémopéritoine. Il faut donc rechercher des signes d’hypovolémie à l’interrogatoire et cliniquement. Dans ce cas, il est nécessaire de faire une cœlioscopie pour coaguler le saignement.
Toute douleur pelvienne chez une femme en âge de procréer doit faire évoquer une GEU.
La fièvre est un symptôme peu spécifique et fait évoquer une pathologie infectieuse : IGH, appendicite, cholécystite, sigmoïdite, gastro-entérite, etc. En revanche, l’absence de fièvre ne permet pas d’éliminer avec certitude une pathologie infectieuse.
La patiente est porteuse d’un DIU et ne saigne pas, une grossesse arrêtée bien que non totalement exclue ne fait pas partie des principales hypothèses diagnostiques.
– une douleur à la mobilisation utérine est évocatrice d’IGH ;
– une masse palpée dans un des culs-de-sac doit faire penser à un kyste ovarien ou une masse latéro-utérine (abcès, GEU) ;
– une masse rétractile et indurée palpée contre les parois vaginales ou dans le fond du vagin doit faire évoquer selon le contexte une endométriose ou un cancer ;
– une douleur à la palpation des culs-de-sac vaginaux peut se retrouver en cas d’épanchement pelvien (hémopéritoine, uropéritoine…). On parle parfois de « cri du Douglas ».