Faut-il se méfier des produits hyperprotéinés ?
Yaourts et skyrs, pâtes mais aussi pains, céréales, fromages, charcuteries, boissons… Les aliments enrichis en protéines envahissent les supermarchés. Leur consommation s’envole depuis le Covid, avec un chiffre d’affaires multiplié par cinq en France entre 2020 et 2024. En cause ? La popularité des protéines, dont une consommation accrue est associée, dans l’opinion publique, à une alimentation plus saine, qui maintient voire facilite le développement de la masse musculaire.
Pourtant, plus de 95 % de la population française a déjà des apports satisfaisants en protéines (entre 0,83 et 2,2 g/kg/j pour les 18-60 ans), avec une moyenne à 1,4 g/kg/j.
Pour rappel, la référence nutritionnelle est de 0,83 g/kg/j chez l’adulte, à adapter au cas par cas chez les sportifs.
Une forte consommation (> 2 g/kg/jn’est pas recommandée car elle peut exposer à des troubles digestifs, rénaux voire vasculaires, même si les éventuels effets délétères d’un excès protéique sont encore débattus
Enfin, augmenter la consommation de protéines ne suffit pas à accroître la masse musculaire en l’absence d’un entraînement sportif intensif et régulier.
La supplémentation en protéines est donc généralement inutile, même si elle peut servir de « coup de pouce » dans certaines populations aux besoins accrus : personnes de plus 60 ans (apport recommandé de 1 g/kg/j), femmes enceintes (0,82 - 1 g/kg/j) ou allaitantes (1,1 g/kg/j), sportifs de haut niveau (selon le sport, jusqu’à 1,5 g/kg/j).
Cependant, quitte à ingérer plus de protéines, mieux vaut privilégier des produits peu ou pas transformés : légumineuses, céréales complètes, viande, poisson, œufs… En effet, les options enrichies en protéines contiennent souvent davantage de sucres, graisses et additifs pour améliorer leur appétence, avec un gain protéique souvent marginal. De plus, elles sont en grande partie ultratransformées – en raison des procédés industriels utilisés pour mimer l’aliment de référence. Or, la consommation de produits ultratransformés est aujourd’hui clairement associée à un risque accru de plusieurs maladies chroniques (obésité, HTA, dyslipidémie, dépression, etc.).
Si les aliments enrichis en protéines ne font pas l’objet de recommandations nutritionnelles ni d’études épidémiologiques spécifiques, il convient donc d’en limiter la consommation au profit de sources plus classiques de protéines (si augmenter l’apport est pertinent), et d’être attentif à leur liste d’ingrédients.

 


D’après :
Pigott A. Protein is being added to yoghurt, bread and even coffee – but is it really good for our health? The Conversation 31 mars 2025.
Inserm. Canal Détox. Faut-il consommer plus de protéines quand on pratique du sport à haut niveau ? 3 juillet 2024.
Anses. Protéines : rôle, sources et apports recommandés. 22 décembre 2025.
Afssa. Apport en protéines : consommation, qualité, besoins et recommandations. 2007.
Fleury M. Nutrition : pourquoi il faut se méfier des produits hyperprotéinés. Fréquence Médicale 17 juin 2025.
Cohen S. Pourquoi tous les produits alimentaires « riches en protéines » ne sont pas bons pour la santé. Ma Clinique 25 décembre 2024.
CLCV. Le boom des produits hyperprotéinés : utile ou surtout marketing ? 29 mai 2026.
Bigard X. Nutrition du sportif. Rev Prat 2020;70(5):561-5.

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