Le sauna est-il un facteur de risque ou de protection CV ?
Exercez-vous aux ECN avec les dossiers progressifs et les LCA de La Revue du Praticien
Exercez-vous aux ECN avec les dossiers progressifs et les LCA de La Revue du Praticien
L’adaptation du corps au sauna entraîne une réponse cardiovasculaire similaire à celle observée lors d’un exercice physique aérobie d’intensité modérée : hausse de la FC (100-150 bpm), du volume de sang pompé par le cœur, diminution de la PA. Il en résulte donc une protection CV.
Ces effets protecteurs ont été mis en évidence sur la cohorte KIHD, regroupant 2 315 hommes finlandais (42-60 ans et sans maladie CV à l’inclusion) suivis à très long terme (> 25 ans, et toujours en cours). Tous pratiquaient au moins une séance de sauna/semaine, tradition bien ancrée en Finlande. L’analyse de cette cohorte a prouvé que la fréquence et la durée des séances de sauna étaient positivement associées avec une diminution du risque d’HTA (- 17 % à - 47 %, selon le nombre de séances hebdomadaires). C’était aussi le cas, notamment chez les adeptes réguliers (4-7 séances/semaine), pour la survenue de décès CV (- 63 %), d’AVC (- 62 %) de maladies CV, de mortalité toutes causes confondues (- 40 %). Ces résultats restaient significatifs après ajustement par rapport aux facteurs de confusion : âge, IMC, PA, tabagisme, DT2, FC au repos, niveau d’activité physique et socioéconomique…
Contrairement aux idées reçues, l’étude KIHD a montré qu’une augmentation de la fréquence et de la durée des séances était associée à un risque plus faible de décès par hémorragie cérébrale.
Mais attention : le sauna n’est pas pour tout le monde. Sa pratique est contre-indiquée aux personnes souffrant des certaines maladies CV : angor instable, insuffisance cardiaque décompensée, suites récentes d’un infarctus du myocarde, rétrécissement aortique sévère, hypotension artérielle, troubles du rythme, antécédents d’AVC ou d’AIT.
Pour les personnes atteintes de maladies cardiovasculaires stables, il est recommandé de limiter les séances à 5-10 minutes à des températures modérées (60-80 °C) et d’éviter les immersions soudaines dans l’eau froide ou la neige immédiatement après.
Enfin, certains médicaments sont incompatibles avec l’exposition à la chaleur intense : diurétiques, AINS, aspirine, antidiabétiques, antidépresseurs, bêtabloquants, antimigraineux, hypnotiques, etc.
D’après : Korsia-Meffre S. Sauna et santé cardiovasculaire : bénéfices et précautions. Vidal 17 décembre 2025.