Vous exercez aux urgences et recevez M. D., âgé de 66 ans, pour asthénie et perte d’appétit depuis quelques semaines. Il est à la retraite, pas d’antécédent personnel ni familial, pas de tabac ou d’alcool.
Il a séjourné en Côte d’Ivoire quelques semaines, il est revenu il y a dix jours.
Cliniquement : pression artérielle = 112/62 mmHg ; fréquence cardiaque = 123 bpm ; saturation en oxygène = 94 % en air ambiant ; température = 36,1 °C.
Le patient est conscient, orienté, eupnéique en air ambiant sans anomalie auscultatoire, l’abdomen est souple sans masse perçue, vous remarquez une pâleur cutanéo-muqueuse et un léger ictère conjonctival sans autre anomalie cutanée. Absence de ganglion palpé. Absence d’anomalie à l’examen neurologique.
L’HemoCue au box d’accueil indique un taux d’hémoglobine à 5 g/dL.
Il a séjourné en Côte d’Ivoire quelques semaines, il est revenu il y a dix jours.
Cliniquement : pression artérielle = 112/62 mmHg ; fréquence cardiaque = 123 bpm ; saturation en oxygène = 94 % en air ambiant ; température = 36,1 °C.
Le patient est conscient, orienté, eupnéique en air ambiant sans anomalie auscultatoire, l’abdomen est souple sans masse perçue, vous remarquez une pâleur cutanéo-muqueuse et un léger ictère conjonctival sans autre anomalie cutanée. Absence de ganglion palpé. Absence d’anomalie à l’examen neurologique.
L’HemoCue au box d’accueil indique un taux d’hémoglobine à 5 g/dL.
Question 1 - Quelle est votre attitude (une ou plusieurs réponses exactes) ?
Oui, la profondeur de la déglobulisation laisse présager une situation sévère, le patient sera mieux au box de déchocage.
Pas de signe de défaillance, l’appel du réanimateur n’est pas indiqué dans l’immédiat.
On ne sait pas encore quelle est l’origine de la baisse d’hémoglobine : en effet l’hémorragie (notamment digestive) est une possibilité, mais il en existe d’autres, notamment l’hémolyse.
Oui, en cas de sang sur le doigtier on s’orienterait vers un saignement digestif.
Oui, en attendant d’en savoir plus sur l’origine de la déglobulisation, on laisse le patient à jeun au cas où une endoscopie serait indiquée.
La carence sévère en vitamine B12 s’accompagnant de manifestations hématologiques ou neurologiques est rare, mais la carence infraclinique en vitamine B12 a une incidence de 2,5 à 26 % dans la population générale. La maladie de Biermer est la cause la plus fréquente de carence en B12 dans le monde et est secondaire à des anticorps anti-facteur intrinsèque ou anti-cellules pariétales, qui entraînent une altération de l’absorption de la vitamine B12 au niveau de l’iléon terminal.
Une manifestation inhabituelle de la carence en vitamine B12 est la pseudo-microangiopathie pseudo-thrombotique (MAT), caractérisée par une anémie hémolytique, une thrombopénie et la présence de schizocytes, et qui ne survient que chez 2,5 % des personnes atteintes de carence en vitamine B12. Ce phénomène résulte de l’avortement intramédullaire des globules rouges ne pouvant se diviser en raison de la carence en vitamine B12 (mégaloblastes). Contrairement aux microangiopathies thrombotiques, le taux de réticulocytes est bas dans la pseudo-MAT (anémie centrale).
Ce tableau de pseudo-MAT peut à tort faire poser un diagnostic de purpura thrombotique thrombocytopénique (PTT), dans 40 % des cas environ, avec recours à des traitements inadéquats, par exemple des échanges plasmatiques. Il est donc important de ne pas oublier les dosages vitaminiques dans le bilan initial des cytopéniques, en particulier anémie et thrombopénie. Les éléments évocateurs sont un chiffre très élevé de LDH, et une anémie arégénérative souvent bien tolérée car chronique.
Sources :
Morrissey D, Sun Y, Koilpillai S, et al. Pseudo-thrombotic microangiopathy secondary to vitamin b12 deficiency. Case Rep Med 2022;2022:7306070.
Green R, Allen LH, Bjørke-Monsen AL, et al. Vitamin B12 deficiency. Nat Rev Dis Primers 2017;3:17040.