Un garçon de 7 ans est amené en consultation pour des plaques douloureuses du cuir chevelu évoluant depuis 3 semaines. Les parents rapportent une chute de cheveux localisée, une tuméfaction inflammatoire du cuir chevelu, un suintement jaunâtre avec croûtes épaisses, un prurit initial puis une douleur croissante. Une fièvre modérée est notée depuis quelques jours.

À l’examen : large plaque inflammatoire occipitale recouverte de croûtes épaisses jaunâtres, associée à des zones d’alopécie en plaques. Des adénopathies cervicales sensibles sont présentes. Une notion de contact récent avec un chat est retrouvée.
Quel est votre diagnostic ?
Croûtes méliceriques mais sans alopécie en plaques.
Il s’agit d’une teigne du cuir chevelu inflammatoire. Voir explication ci-dessous.
Croûtes blanchâtres, atteinte diffuse, non douloureuse.
Squames grasses sans inflammation majeure.
Ulcérations profondes mais sans atteinte diffuse du follicule pileux.
Atteinte moins étendue.
Le kérion est une forme inflammatoire et suppurée de teigne du cuir chevelu, fréquente chez l’enfant. Il s’agit d’une dermatophytie profonde touchant le follicule pileux, responsable d’une tuméfaction douloureuse inflammatoire avec alopécie associée. Les agents les plus souvent impliqués sont Microsporum canis et Trichophyton spp., souvent d’origine zoophile. C’est une urgence diagnostique relative en pédiatrie du fait du risque d’alopécie cicatricielle définitive.
Examens complémentaires recommandés :
examen direct et culture mycologique des cheveux ;
lampe de Wood en cas de suspicion de Microsporum ;
prélèvement bactériologique en cas de surinfection ;
dermoscopie si disponible.
Le traitement repose impérativement sur un antifongique systémique car l’atteinte intéresse le follicule pileux en profondeur. La griséofulvine reste la molécule de référence dans de nombreux protocoles pédiatriques, à la dose adaptée au poids, pour une durée moyenne de 6 à 8 semaines. La terbinafine est une alternative efficace, notamment dans les infections à Trichophyton.
Un traitement antifongique topique (kétoconazole ou ciclopirox olamine) est associé pour réduire la contagiosité et la charge fongique superficielle. La tonte n’est pas recommandée systématiquement. Les corticoïdes systémiques peuvent être discutés dans les formes très inflammatoires afin de diminuer le risque d’alopécie cicatricielle définitive.
Une antibiothérapie est indiquée uniquement en cas de surinfection bactérienne prouvée. La prise en charge doit également inclure le dépistage de l’entourage proche et le traitement des animaux réservoirs lorsque cela est possible.
 
Par le Dr Fatima Oulhouss, médecine interne, CHP Inezgane, Maroc.

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