Un homme de 55 ans, sans antécédents notables, consulte pour des douleurs pelviennes et coxales chroniques évoluant depuis plusieurs années. Les douleurs sont d’installation progressive, à prédominance mécanique, majorées par la marche prolongée et la station debout, avec amélioration partielle au repos. Pas de dérouillage matinal significatif, ni de douleurs nocturnes, ni de signes généraux (fièvre, amaigrissement, altération de l’état général). Le patient ne rapporte pas de lombalgies inflammatoires, ni de douleurs fessières alternantes.
L’examen clinique met en évidence une limitation modérée et bilatérale des amplitudes des hanches, prédominant sur la rotation interne, sans synovite périphérique ni signes neurologiques associés.
Quel est votre diagnostic ?
L’atteinte bilatérale du bassin peut faire évoquer ce diagnostic. Toutefois, l’absence d’érosions sacro-iliaques, de sclérose sous-chondrale marginale, d’ankylose, ainsi que le caractère non inflammatoire de la symptomatologie, permettent de l’écarter.
Fréquente après 50 ans, elle se caractérise par un pincement articulaire, des ostéophytes marginaux et une atteinte centrée sur l’articulation, éléments absents dans ce cas.
L’ensemble des données cliniques et radiographiques est en faveur d’une maladie de Paget osseuse, à prédominance pelvienne (explications ci-dessous).
Elle peut s’accompagner de remaniements osseux, mais s’associe habituellement à des calcifications cartilagineuses visibles, notamment au niveau de la symphyse pubienne ou des hanches.
À évoquer chez un sujet de plus de 50 ans, mais la symétrie des lésions, leur aspect homogène et l’évolution lente sont peu compatibles avec une origine secondaire.
La radiographie du bassin montre des remaniements osseux diffus, bilatéraux et symétriques, intéressant les ailes iliaques, les régions péri-acétabulaires et les branches ischio-pubiennes. On note un épaississement cortical, une condensation osseuse hétérogène et une trabéculation grossière, avec un respect relatif des interlignes coxofémoraux. Le bilan biologique montre habituellement une élévation des phosphatases alcalines totales, reflet de l’hyperactivité ostéoblastique. La scintigraphie osseuse permet de préciser l’extension des lésions et met en évidence une hyperfixation intense et localisée.
Le traitement de la maladie de Paget vise à réduire l’activité osseuse, soulager la douleur et prévenir les complications. Il repose sur les bisphosphonates, en particulier l’acide zolédronique par voie IV en dose unique, permettant une normalisation rapide et prolongée des phosphatases alcalines.
En cas de contre-indication, un traitement oral par alendronate ou risédronate peut être proposé. La prise en charge symptomatique associe des antalgiques simples et, avec prudence, des AINS.
Message clé :
Devant des remaniements osseux pelviens diffus, bilatéraux et hétérogènes chez un sujet d’âge mûr, la maladie de Paget doit être systématiquement évoquée afin d’éviter un diagnostic erroné de spondyloarthrite ou d’arthrose.
Par le Dr Fatima Oulhouss, médecine interne, CHP Inezgane, Maroc.
Le bilan biologique montre habituellement une élévation des phosphatases alcalines totales, reflet de l’hyperactivité ostéoblastique. La scintigraphie osseuse permet de préciser l’extension des lésions et met en évidence une hyperfixation intense et localisée.
Le traitement de la maladie de Paget vise à réduire l’activité osseuse, soulager la douleur et prévenir les complications. Il repose sur les bisphosphonates, en particulier l’acide zolédronique par voie IV en dose unique, permettant une normalisation rapide et prolongée des phosphatases alcalines.
En cas de contre-indication, un traitement oral par alendronate ou risédronate peut être proposé. La prise en charge symptomatique associe des antalgiques simples et, avec prudence, des AINS.
Message clé :
Devant des remaniements osseux pelviens diffus, bilatéraux et hétérogènes chez un sujet d’âge mûr, la maladie de Paget doit être systématiquement évoquée afin d’éviter un diagnostic erroné de spondyloarthrite ou d’arthrose.
Par le Dr Fatima Oulhouss, médecine interne, CHP Inezgane, Maroc.