Vous recevez en consultation une patiente de 40 ans d’origine irlandaise, rousse à peau très claire. Dans la famille, il y a des antécédents de diabète de type 1 et de thyroïdite d’Hashimoto. Elle se plaint d’une asthénie intense depuis 6 mois, d’une perte d’appétit modéré avec perte de 3 kg, de malaises lors du passage de la station assise ou allongée à la station debout. Sur le bilan biologique qu’elle vous apporte, vous notez l’absence de syndrome inflammatoire biologique, une anémie normocytaire avec hémoglobine à 9,8 g/dL. La TSH est normale.
Elle vous fait part de son étonnement quant à son bronzage. En effet, nous sommes en décembre et sa dernière exposition solaire date de l’été dernier, elle garde pourtant un bronzage assez marqué, ce qui l’étonne d’autant plus qu’avec sa « peau de rousse » elle ne bronze habituellement pas du tout.
Que faut-il faire ?
Vous suspectez une insuffisance surrénalienne périphérique étant donné la mélanodermie et les signes sémiologiques évocateurs. Le diagnostic repose sur un dosage de cortisolémie à 8 heures (et non pas une cortisolurie des 24 heures qui servirait à dépister un hypercorticisme) définissant l’insuffisance surrénalienne, et un dosage d’ACTH pour en déterminer le caractère périphérique.
Parmi les causes d’insuffisance surrénalienne périphérique, on trouve notamment la tuberculose des surrénales.
ACTH très élevée et cortisol bas signent la déficience périphérique ; au contraire si l’ACTH était basse cela signerait une insuffisance corticotrope donc au niveau de l’hypophyse.
La maladie d’Addison est causée par la production d’anticorps anti-21-hydroxylase.
Par la Dr Jeanne De la Rochefoucauld, service de médecine interne, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris.