Un homme de 56 ans consulte pour des douleurs chroniques des mains évoluant depuis 8 ans, avec des poussées inflammatoires intermittentes intéressant principalement les articulations interphalangiennes distales. La raideur matinale est estimée à 10 minutes. Pas de fièvre, ni d’altération de l’état général.
Antécédents : hyperuricémie connue depuis 12 ans, avec observance thérapeutique irrégulière ; plusieurs épisodes antérieurs de monoarthrite aiguë du gros orteil.
À l’examen clinique : nodules sous-cutanés fermes et indolores, mesurant 0,5 à 1,5 cm, localisés sur les faces dorsales de plusieurs doigts des deux mains.Mobilité articulaire globalement conservée.
Bilan biologique : acide urique : 92 mg/L (N < 70 mg/L) ;CRP : 6 mg/L ;VS : 18 mm à la 1ʳᵉ heure ;facteur rhumatoïde et anticorps anti-CCP négatifs.
Une radiographie standard des deux mains est réalisée.
Quel est votre diagnostic ?
La chondrocalcinose articulaire (dépôts de pyrophosphate de calcium) atteint préférentiellement le cartilage articulaire et le fibrocartilage, notamment au niveau des poignets, des MCP et des genoux, et ne se manifeste pas par des masses nodulaires volumineuses au niveau des IPD.
Il s’agit d’une goutte chronique tophacée. Voir explication ci-dessous.
Bien que l’aspect nodulaire sous-cutané des calcifications puisse faire discuter une calcinose cutanée, notamment dans le cadre d’une sclérodermie systémique (syndrome CREST), plusieurs éléments permettent de l’écarter dans ce cas : absence de phénomène de Raynaud ; absence de sclérodactylie, d’ulcérations digitales ou de télangiectasies ; morphologie des dépôts hétérogène et lobulée, étroitement liée aux structures articulaires.
L’examen radiologique met en évidence des opacités calciques nodulaires, hétérogènes et volumineuses, à localisation périarticulaire et sous-cutanée, prédominant sur les articulations interphalangiennes distales, de façon bilatérale. Ces images correspondent à des tophi goutteux, témoignant d’une goutte évoluant depuis plusieurs années.
Les principaux arguments en faveur du diagnostic sont : une hyperuricémie marquée (> 90 mg/L) ; la présence de nodules sous-cutanés cliniquement palpables ; la localisation préférentielle aux IPD ; l’absence de marqueurs immunologiques en faveur d’une polyarthrite rhumatoïde ; l’aspect nodulaire et non linéaire des calcifications. Les deux pièges diagnostiques à écarter sont la chondrocalcinose articulaire et la calcinose cutanée associée à une sclérodermie systémique. En l’absence de signes cutanéovasculaires évocateurs, et devant des calcifications périarticulaires irrégulières, le diagnostic de goutte chronique tophacée reste le plus probable.
Par le Dr Fatima Oulhouss, médecine interne, CHP Inezgane, Maroc.
Les principaux arguments en faveur du diagnostic sont : une hyperuricémie marquée (> 90 mg/L) ; la présence de nodules sous-cutanés cliniquement palpables ; la localisation préférentielle aux IPD ; l’absence de marqueurs immunologiques en faveur d’une polyarthrite rhumatoïde ; l’aspect nodulaire et non linéaire des calcifications. Les deux pièges diagnostiques à écarter sont la chondrocalcinose articulaire et la calcinose cutanée associée à une sclérodermie systémique. En l’absence de signes cutanéovasculaires évocateurs, et devant des calcifications périarticulaires irrégulières, le diagnostic de goutte chronique tophacée reste le plus probable.
Par le Dr Fatima Oulhouss, médecine interne, CHP Inezgane, Maroc.