Madame D., 46 ans, consulte pour une rougeur oculaire gauche apparue depuis deux semaines et augmentant progressivement. L’œil est de plus en plus douloureux. L’anamnèse rapporte la notion d’un épisode similaire de moindre importance et moins douloureux quelques années auparavant, spontanément résolutif. Il n’y a pas d’altération visuelle. L’examen est normal par ailleurs. Elle n’est pas traitée.
Parmi toutes ces hypothèses diagnostiques possibles, et devant être éliminées, quelle est la plus probable ?
Le contexte est en principe immédiatement évocateur.
À rechercher systématiquement en inspectant les culs-de-sac conjonctivaux, en retournant le tarse palpébral supérieur, en instillant une goutte de fluorescéine et en observant la surface oculaire en lumière bleue.
Hypothèse la plus probable compte tenu de l’épisode d’épisclérite antérieur probable, de l’aspect nodulaire inflammatoire douloureux et de l’évolution progressive sans altération visuelle. Il faut traiter l’épisode par une injection de corticoïde locale et des antalgiques généraux. Il faut explorer, par un bilan biologique et d’imagerie, une maladie de système, en particulier une connectivite ou une affection auto-immune. Un avis ophtalmologique rapide sans urgence est utile. L’aspect parfois fugace gagne à être documenté.
L’UAA est possible, régulièrement associée à la sclérite nodulaire dont elle partage l’étiologie. Néanmoins, la présence de cellules inflammatoires en chambre antérieure altère généralement la vision. L’inflammation est diffuse autour de la cornée (cercle périkératique) et des synéchies irido-cristaliniennes sont possibles avec déformation de la pupille.
Étiologie exceptionnelle, généralement spontanément résolutive. Un corps étranger résiduel doit être éliminé.

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